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« Journées portes ouvertes », du 13 au 15 juin 2014 au Centre Jean Giono de Manosque


centre gionoAvec ses troisièmes « Journées portes ouvertes », du 13 au 15 juin 2014, le Centre Jean Giono de Manosque ouvre la saison estivale des manifestations consacrées à Jean Giono sur le territoire de Durance Luberon Verdon Agglomération en invitant le public à une série de manifestations, dont l’inauguration de sa nouvelle exposition : « Renaître. Jean Giono après la Grande Guerre ». Lire la suite

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gionoSYLVIE GIONO : « LA PROVENCE GOURMANDE DE JEAN GIONO »

« Mon père était un gourmand, pas un gourmet, habitué à la cuisine familiale plus qu’à la cuisine raffinée. Se mettre à table était pour lui un grand plaisir. Je me souviens de l’atmosphère joyeuse et détendue de tous nos repas de famille, repas souvent partagés avec des amis ou de simples visiteurs qui, s’étant attardés dans le bureau de mon père à l’heure du repas, étaient invités à partager notre ordinaire. » Sylvie Giono mêle ses souvenirs aux extraits d’œuvres de son père qui mettent en scène des repas et racontent la préparation de certains plats. Richement illustré de photos rares ou inédites, tirées de l’album familial, ce « beau livre » propose des recettes savoureuses pour chaque saison, tout en restituant l’atmosphère quotidienne de la maison de l’écrivain. « La Provence gourmande de Jean Giono » vient d’être couronné par le Grand Prix Eugénie Brazier, remis à Sylvie Giono le 10 décembre dans les Grands salons de la Mairie de Lyon. Une idée de cadeau en cette fin d’année !

Nouvelles du Centre Jean Giono


Exposition :

« Centre Jean Giono, 20 ans de créations », exposition littéraire et artistique, scénographie d’Edith Morin, présentée jusqu’au printemps 2013.

 

 

 

Théâtre : le Centre Jean Giono présente une adaptation du roman de Jean Giono « Regain », interprétée par les membres de l’association Handi Cap Evasion 04 composée de personnes handicapées sur le plan moteur et de valides.

Vendredi 21 décembre à 18h30, grande salle du Théâtre Jean le Bleu – Manosque. Entrée libre. Réservation 04 92 70 54 54

 REVUE GIONO

La Revue Giono n° 6 paraîtra dans le courant du mois de décembre 2012.

Au sommaire : Inédits et textes rares de Jean Giono (Préface inédite au Marin de haute mer ; Présentation et commentaires de La Flûte enchantée ; « Sur quelques sonates de Scarlatti » ; Journal inédit de Giono, 1954-1955.) Correspondance : Jean Giono-Maurice Jaubert. La musique dans la bibliothèque et la discothèque de Giono. Belles éditions : Paul Lemagny illustrateur de Regain (1947). Témoignage : Souvenirs inédits d’Élise Giono. Florilège : Maximes, réflexions et pensées de Jean Giono, choisies par Patrick Ollivier-Elliott. Cahier photo : Charles Martel, le notaire photographe de Sault. Études critiques : Andrée Lotey, « Jean Giono ou le chant du monde d’un romancier : des oreilles de dieu » ; Denis Labouret, « Giono et Mozart ». Année gionienne 2011-2012.

Conférence de Christian MORZEWSKI sur Jean GIONO


Quelques notes sur la conférence de Christian MORZEWSKI sur Jean GIONO du 4 mai au Centre Premier HSBC.

Christian MORZEWSKI, professeur en langue et littérature française contemporaine agrégé de lettres modernes, préside l’université d’Artois. Spécialiste du roman français de l’entre-deux-guerres et des questions de régionalisme littéraire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages et études sur les romanciers français du XXème siècle et sur le roman contemporain. Il est rédacteur en chef des Cahiers Giono, et a assuré l’édition critique de différentes œuvres de Giono, Bosco, Ramuz dont il a édité les derniers romans dans la Pléiade. Il a organisé plusieurs colloques internationaux (dont cinq à l’université d’Artois et un en Chine, à l’université de Nankin) sur Albert Camus, Maxence Van der Meersch, Richard Millet…

Giono, conteur

Jean Giono (1895-1970) s’apparentait à un conteur oriental (selon André Gide, si l’on avait créé un concours d’audience en racontant des histoires, c’est bien Giono qui l’aurait gagné). Giono possédait une vraie puissance d’affabulation, de fabulation ; Il a été ce « menteur magnifique » qui a inventé une recette de cuisine totalement improbable. Ce talent de conteur lui a valu plus d’un déboire. « L’homme qui plantait des arbres », emblème écologique avant l’heure, traduit bien la puissance de la parole et du récit chez Jean Giono. Jean Giono l’a écrit dans le cadre d’une commande du Reader Digest autour du thème «l’homme le plus extraordinaire que j’ai jamais rencontré ». L’ouvrage rencontre un immense succès. Le Reader Digest fait une enquête sur l’existence de Elzeard Bouffier. Giono livre des détails dont un enterrement à Banon, le Reader Digest voit d’un mauvais œil que Giono ne se soit pas conformé à la demande en racontant l’histoire d’une véritable personne. Pierre Citron son grand biographe raconte le double contrat d’édition Gallimard/Grasset.

Déni de Provence

Jean Giono entretenait un déni de la Provence et écrivait « J’aime ce pays qui ne me convient pas ». Il aurait aimé vivre en Ecosse pour la pluie et la brume. Il n’aimait pas le mot « Provençal » et tout le champ lexical qui l’accompagne : lavande, pastis, cigale. Ce vocabulaire est d’ailleurs absent de ses textes. On ne parle de lavande dans que « Le Grand Troupeau » (1932) pour indiquer que l’essence de lavande servait à dégraisser les obus. Caractère qui l’oppose bien sûr à Pagnol et Mistral. Giono considérait cette exaltation de la Provence un peu ridicule et superficielle. Jean Giono a entretenu des rapports difficiles avec Pagnol, suite notamment à des emprunts peu élégants (Angèle/ « Un de Beaumugnes » , « La Fille du boulanger »).

Les origines

Jean Giono est d’une origine sociale modeste. Il doit quitter l’école très tôt pour devenir chasseur (coursier) au Comptoir d’Escompte de Manosque. Avec les deux sous que lui donne sa mère par semaine, il ne peut s’acheter les ouvrages trop coûteux des contemporains. Et pourtant, il lit tout et surtout les classiques en éditions bon marché. La bible notamment, dans laquelle il voit davantage un livre d’histoires et de mythologie qu’un ouvrage religieux. Son grand Père, Jean-Baptiste, était Carbonaro. Il a fui l’Italie comme Angelo dans le « Hussard sur le toit ». Jean adopte dans ses premiers ouvrages la posture du protecteur guérisseur. Au cours d’une convalescence à Corbières il découvre le panthéisme, la proximité entre l’homme et la nature.

Tenir la guerre à distance

Jean Giono va connaître la terrible expérience de la boucherie de Verdun. Parmi les écrivains, il est probablement celui qui a vraiment vécu l’enfer des tranchées, le chemin des Dames, les gaz, les mutineries, Nivelle… et paradoxalement il ne fera pas profit littéraire de la guerre comme ont pu le faire Dorgelès ou Barbusse.

Jean Giono est antimilitariste, c’est un pacifiste. Il revient de la guerre traumatisé. Il précise bien qu’il n’a tué personne (comme mon père ndlr). Il va exorciser cette violence dans « Un roi sans divertissement », « Les âmes fortes », qui font figure de catharsis dans son œuvre immense.

L’incompréhension

Au Contadour, avec 50 personnes, des ouvriers parisiens, des intellectuels, Jean Giono découvre les Vraies Richesses. Il se prend au sérieux, se fait piéger dans un pacifisme extrême. René Char a dit « Le Gionisme est la maladie de ceux qui ont la Gionisse » Jean Giono croit dans le pouvoir de la parole pour éviter le pire, et sera mal entendu. L’incompréhension, et quelques maladresses (publication dans la Gerbe des « Deux cavaliers de l’orage », un reportage sur Jean Giono dans Signal), lui vaudront des ennuis après la Seconde Guerre Mondiale. Il va être incarcéré à Marseille, 8 mois à Saint Vincent les Forts. Gide a déployé tous ses efforts pour le faire libérer. Jean Giono publie « Un roi sans divertissement », « Mort d’un personnage », le cycle du Hussard. Aragon en fera  interdire de publication. Son dernier roman sera « L’iris de Suse ».

Marie-Hélène Moittier

Giono à Manosque


Vous avez apprécié la conférence de Christian Morzewski sur Jean Giono, pour ceux qui n’ont pu y assister, vous en avez eu un compte-rendu dans notre bulletin. Prolongez votre plaisir en assistant aux « Rencontres Giono 2011 » à Manosque. Cliquez  pour avoir le programme.

Découvrez Gens du Sud, le nouveau mensuel à fortes personnalités


Avec au sommaire du n° 2 de mai 2011, Jean-Louis Bianco, Député et Président du Conseil Général des Alpes-de-Haute-Provence qui raconte son premier bain politique aux cotés de François Mitterand.

Sylvie Giono qui parle de la maison de son père.

Et l’excellente Hélène Grimaud « extraterrestre du piano »!

Conférence Jean Giono par Christian Morzewski


Christian Morzewski: intelligence et érudition au service d’une passion pour la littérature contemporaine

Avec une grande érudition, un talent de conteur et une extrême gentillesse, Christian Morzewski nous a présenté, le mercredi 4 mai 2011, la vie et l’œuvre de Jean Giono. Notre Société fraternelle a organisé cette conférence, avec le soutien de la banque HSBC, représentée par Marie-Hélène Moittier, directrice du patrimoine immobilier et Pascal Juillard, directeur de l’agence HSBC Premier Auber, où se déroulait la conférence, afin de valoriser, à Paris, le patrimoine culturel du département. M. Cyrille Prache, maire de Banon et président de la société des Amis de Giono nous a fait le plaisir de participer également à cette soirée qui a réuni une assistance attentive dans une salle pleine.

Je n’ai pas l’ambition dans cet article de vous présenter Giono et son œuvre.  Christian Morzewski, professeur d’université, rédacteur en chef des Cahiers Giono, en est le réel expert et je vous encourage à lire ses écrits, et aussi à rendre visite à Manosque au Centre Jean Giono et aux Amis de Giono. Sachez enfin que, parmi tous les écrits sur Giono, l’étude de Pierre Citron fait référence (Pierre Citron, Giono, 1895-1970, Paris, éditions du Seuil, 1990, 665 p.).

Je retiens néanmoins quelques faits marquants. Jean Giono, est un homme d’exception par son parcours d’autodidacte issu d’un milieu modeste devenu une des gloires littéraires de la France. Aujourd’hui, Giono est, après Marcel Proust, l’auteur français le plus étudié dans le monde universitaire par le nombre de thèses qui sont consacrées à son œuvre. L’association des  » Amis de Giono » est, quant à elle, la deuxième plus grande association autour d’un écrivain, après l’association des « Amis d’Hergé ». Enfin, la prestigieuse collection « La Pléaide » a consacré 8 volumes à l’œuvre de Giono, (encore que pas totalement édité à ce jour).

Un de nos ami, originaire de "Baumugnes" apporte le témoignage de ses parents qui ont été proches de Giono.

De cette œuvre immense, chacun pourra donc faire son miel et puiser de quoi nourrir son âme et son esprit, en sachant mettre en relief et méditer sur le meilleur de la pensée de Giono. Peut-être pourrions nous retenir aujourd’hui cette pensée:  « [Car] la richesse de l’homme est dans son cœur. C’est dans son cœur qu’il est le roi du monde. Vivre n’exige pas la possession de tant de choses. » Jean Giono, Les vraies richesses, 1937.