Archives de Tag: histoire des Alpes de Haute Provence

Histoire de la vallée de Barcelonnette


Après le succès de son premier tome sur la vallée de Barcelonnette dont nous avons publié une recension sur ce blog, page « bibliogr2016 03 12 livre sur ubayeaphie », Xavier Balp a continué sont travail d’érudit et de passionné et publie aujourd’hui le tome II intitulé « Du traité d’Utrecht à la
Révolution ».

La vallée s’est réjouie de son intégration à la France, mais elle est intégrée à un régime fiscal plus lourd, et les guerres françaises deviennent ses guerres. Quant à ses anciens compatriotes piémontais ils pouvaient dès lors devenir ses ennemis, alors qu’ils étaient depuis plus de trois siècles comme des frères. Ses soldats et sa milice étaient appelés à participer, au plus près comme au plus loin, aux combats de la France.

Avec la joie d’être français, c’était aussi la peine de perdre un peu de sa liberté, et de voir la vie devenir un peu plus dure. Après Louis XIV le roi-soleil, le roi Louis XV appelé le Bien-aimé était devenu à la fin de sa vie le mal aimé; une rancœur qui aura tendance à se reporter sur son successeur Louis XVI, pourtant lui aussi bien aimé au début. Le centralisme devenait exagéré. Le parlement de Provence et les autres ont un droit de remontrance, mais ils ne sont pas toujours écoutés. Le peuple souffre et il commence à avoir faim. Un climat lourd qui laisse envisager des réactions profondes. une époque intéressante à découvrir.

Xavier Balp, Vallée de Barcelonnette, Ubaye, Ubayette, Haute-Provence, tome II, >Du traité d’Utrecht à la révolution, 186 pages, 19,50€ franco de port

Ouvrage à commander à : Xavier Balp, 302, avenue Jean Jaurès, 69007 LYON accompagné d’un chèque de règlement de 19,50€ à l’ordre de Xavier Balp. Expédition par retour de courrier

Vallée de l’Ubaye


Le Brec du Chambeyron domine majestueusement la vallée de l’Ubaye

Du col du Longet à Pontis, glaciers et rivières ont tracé une vallée jalonnée de gorges, la Reissole, le Pas de l’Echelle, les clues de Méolans et le redoutable Pas de la Tour encadrant des bassins encaissés ou largement ouverts au soleil comme celui de Jausiers aux Thuiles qui abrite la ville de Barcelonnette. La variété des paysages mérite à elle seule une visite, en voiture certes, de village en village, avec une excursion vers les cols pour les plus courageux qui n’hésitent pas à tenir le volant dans les lacets des cols d’Allos ou de Restefond. Mieux encore, il faut savoir enrichir ce voyage de courtes marches pour rejoindre un point de vue ; avancer, à la rencontre d’une chapelle, sur les traces des pèlerins de jadis ; arpenter les calmes allées d’un cimetière à la rencontre de l’histoire des Ubayens et à la découverte de leurs patronymes caractéristiques. Lire la suite

Thorame-Haute


Dans le prolongement de la célébration du centenaire du Train des pignes et du Salon du livre tenu les 9, 10 et 11 septembre à Thorame-Gare, l’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Thorame-Haute a édité et réédité deux ouvrages en lien avec l’histoire de ce lieu bien particulier :

  • Thorame-haute, au quartier de la Fleur,  la gare des Chemins de fer de Provence et la chapelle N.D. de la Fleur, livret de 16 pages, avec au sommaire le tunnel de la Colle-St-Michel, la gare, le buffet, le mur de soutènement construit suite à l’éboulement d’avril 1909, la chapelle,  sa légende raconté par Léon Richard instituteur érudit de Thorame ; les très beaux vitraux et les fresques de la chapelle ne sont pas oubliés car de nouvelles découvertes ont été faites. Cet ouvrage collectif (échange de textes et d’informations entre bénévoles) illustré avec des documents d’archives et des cartes postales anciennes est vendu 5€ (frais de port offert).
  • Notre-Dame de la Fleur, sa légende, sa statue, ses pèlerinages, mémoire de 102 pages réalisé par Félix Jaume il y a quelques années grâce à son travail de recherche ; toute l’histoire connue de la chapelle y est dévoilée avec sa part de mystère.  Il ne reste que quelques exemplaires à saisir mais un nouveau tirage est tout à fait envisageable. Vendu 10€  (frais de port offert).

 

Le produit de la vente ira au remboursement des frais engagés pour la réédition du Mémoire sur N.D. de la Fleur et permettra de soutenir les projets de l’association. Ci-joint le bon de commande (également téléchargeable sur le site de l’association : www.patrimoine-culturel-thorame-haute.sitew.com)

« Du chaos fut engendrée la beauté … »


« Du chaos fut engendrée la beauté … », ainsi débute le guide des Alpes de Haute Provence écrit par Véronique Voirin et illustré par le photographe Robert Callier.

Un guide, ou plutôt un tableau superbement composé avec la poésie des mots et l’élégance des photos pour nous faire embrasser la beauté du département des Alpes de Haute-Provence. Nous l’aimons tous, nous le savons beau. Mais ce petit livre nous restitue aussi, depuis les montagnes enneigées surplombant l’Ubaye jusqu’aux collines embaumées de Haute-Provence, en passant par les Préalpes tourmentées de Digne les Bains et l’horizon bleu lavande du plateau de Valensole, entaillées par la vertigineuse faille du Verdon, une ambiance, un art de vivre, une convivialité des paysages, des objets et des gens d’ici qui le rend encore plus cher. Nous commençons notre voyage au troisième siècle avant J-C, sur les traces de nos ancêtres installées alors sur les bords du Verdon (Quinson) pour aller vers l’ouest, le nord et l’est, mettre en valeur les terres, devenues aujourd’hui productrices d’olives, de lavande, ou pâturages pour le fameux agneau de Sisteron, construire villes et villages perchés ou fortifiés, devenus aujourd’hui « villages de caractère » et hauts lieux de tourisme, herboriser dans les montagnes ubayennes pour trouver le génépi et le transformer en une onctueuse liqueur (attention aujourd’hui, pas de ramassage de génépi dans le parc du Mercantour!) ou dans les collines provençales avec les moines de Ganagobie, saliver dans les « bistrots de pays » ou devant les produits locaux des « maisons de pays ».

Un petit livre bien agréable pour saisir en un regard, histoire, vie rurale et urbaine, économie et gastronomie et redécouvrir villages et paysages de notre enfance parfois un peu oubliés et donner comme une forte envie de retour. Bonne lecture

ORAISON: les noms des rues célèbrent les villageois morts pendant la guerre de 1914-1918


Oraison (Alpes de Haute Provence): vue générale

 À Oraison, « une ville à la campagne », l’histoire est dans la rue. Elle s’adresse au passant à chaque coin de rue et rappelle au souvenir les hommes qui sont morts pour nos libertés. Lorsque le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France, tous les hommes de 18 à 40 ans sont mobilisables. Ils sont partis loin de leur foyer et ce qui ne devait être qu’une simple formalité se transforma en tragédie. À Oraison qui compte un peu plus de 1700 habitants en 1919, ce sont 63 soldats qui ne sont pas revenus. Lire la suite

Le centenaire du Train des Pignes: 3 juillet 2011


Le 3 juillet 1911 circulait entre Nice et Digne les Bains, le premier train de la ligne des Chemins de Fer de Provence, le long d’un parcours sinueux de 150 kilomètres desservant 50 gares et haltes. Aujourd’hui, cette ligne assure deux trains par jour sur la totalité du parcours et une fréquence beaucoup plus élevée dans la seule plaine du Var pour transporter 500 000 voyageurs par an, empruntant ce moyen de transport pour se rendre à leur travail mais aussi pour visiter l’arrière pays niçois, les Préalpes du sud et le pays dignois. Le « train des Pignes », ainsi qu’il est appelé familièrement aujourd’hui fêtera donc son centième anniversaire le 3 juillet 2011. A cette occasion, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur exposera 60 photographies tout au long du parcours, dans les gares, près des ouvrages d’art pour montrer des épisodes de la construction de cette voie ferrée. Lire la suite

Bibliographie, la recommandation des Alpins: « Paul Reynaud, un indépendant en politique »


Dés 1914, date de son premier mandat électif comme conseiller général dans les Basses Alpes (canton de Saint-Paul) suivi en 1919 d’un mandat de député dans le même département, jusqu’à sa mort en 1966, Paul Reynaud, né à Barcelonnette en 1878, fut actif en politique, faisant entendre une voix résolue et novatrice, mais souvent isolée, sur les grandes questions politiques qui se posaient à la France (ou qu’elle voulait esquiver). Il s’engagea notamment avec détermination durant l’entre-deux-guerres, pour préserver l’avenir et la puissance de la France, en se battant pour la réforme des finances (il obtint la dévaluation), de la diplomatie et de l’outil militaire, deux domaines qu’il ne put faire évoluer. Reconnu comme un esprit hors pair, il ne réussit cependant pas à faire avancer ses idées auprès de la classe politique qui ne l’appela à la magistrature suprême (Président du Conseil) que lorsqu’elle se sentit perdue. Il dut alors faire face aux journées de mai juin 1940 et vécut à la suite cinq années de captivité.

A sa libération, il reprit avec obstination une carrière politique pour prendre position sur la décolonisation, la construction de l’Europe, la mise en place de la V° république, mais il dut aussi se battre pour établir la vérité sur son rôle dans la défaite.

Thibault Tellier, maître de conférence à l’université de Lille-III-Charles de Gaulle, a consacré sa thèse de doctorat à l’étude de la contribution de Paul Reynaud au maintien de la puissance française dans l’entre-deux-guerres. Utilisant les outils et les méthodes rigoureuses de la recherche historique, il a ensuite prolongé ses travaux pour écrire une biographie de Paul Reynaud.

Cet ouvrage présente un double intérêt. Il donne un éclairage complet d’une œuvre politique qui, du fait de la position  de Paul Reynaud en 1940, et malgré ses actions préalables, est bien souvent réduite, de façon injuste,  à la responsabilité de la défaite française. Il est un outil historique précieux pour comprendre les raisons politiques qui ont conduit la France, première puissance mondiale après sa victoire de 1918 à l’ignominieuse défaite de 1940, et celles qui ont ensuite contribué à son redressement d’après-guerre et à sa marche vers la construction d’une Europe apaisée et unie.

« Tout au long de sa carrière, Paul Reynaud aima à rappeler ses origines bas-alpines » écrit Thibault Tellier. C’est donc légitimement que tout Bas-Alpin ou Alpins de Haute Provence peut reconnaître en lui un illustre « pays » dont l’œuvre novatrice mais trop méconnue nous est présentée avec talent et rigueur dans cet ouvrage. Lire cette biographie et mieux faire connaître Paul Reynaud relève donc pour nous du devoir de mémoire. Mais quel plaisir que de parcourir ce livre écrit dans un style souple, limpide, structuré, riche de faits et d’anecdotes, tout en faisant surgir avec clarté les grands mouvements d’une longue carrière.

Thibault Tellier, Paul Reynaud, un indépendant en politique 1878-1966, Fayard, Paris, 2005 – ISBN 2-213-62314-7