Archives de Tag: biographie Alpins de Haute Provence

Le général Desmichels, un héros incompris


Il y eut une époque qui a produit des héros, celle de la grande Armée. Parmi ceux-là, Desmichels et le général Hugo « mon père ce héros au sourire si doux … !» Louis, Alexis, baron Desmichels, fils d’un boulanger des Dourbes, naquit le 15 mars 1779, place de l’évêché, à Digne.
Elevé par un oncle, curé au Val, près de Brignoles, il choisit, dès l’âge de quinze ans, la carrière militaire, par un acte volontaire de patriotisme et s’engage dans le régiment des hussards de Bercheny.
On le retrouve ensuite à l’armée d’Italie dans les guides à cheval et participe à la campagne de l’an IV. Choisi par Bonaparte qui l’emmène en Egypte, il participe à toutes les batailles ; il est nommé brigadier au siège de Jaffa. Entré comme grenadier à cheval dans la garde des Consuls, il est nommé sous-lieutenant. Il reçoit la croix de chevalier de la Légion d’Honneur à la création de l’ordre.
En 1805, la guerre contre l’Autriche ayant repris, il se fait remarquer en s’emparant de quatre cents hommes, deux drapeaux et vingt cinq canons.
A la suite de cette action, Desmichels fut nommé capitaine et promu Officier de la légion d’Honneur ; il a vingt cinq ans. A cette occasion, il s’est montré, habile stratège. Continuant cette campagne, il devient aide de camp du maréchal Bessières, duc d’Istrie. En 1807 il est nommé chef d’escadron à Eylau sur le champ de bataille et fut blessé par un biscaïen qui lui traversa la cuisse droite.
En 1808, il est promu chef d’état major du général Lefevre-Desnouettes, commandant de la cavalerie légère de la garde impériale. En 1809, il se distingue, à la tête de quatre cents chasseurs, à la bataille d’Essling et à Wagram. Promu colonel,  il servit en Espagne et en Italie à la tête du 51°Chasseurs et participe activement aux victoires de Bassano et Caldiero.
A cette occasion il reçut la croix de chevalier de la Couronne de Fer. Ses qualités exceptionnelles conduisent le général en chef de la cavalerie de la Garde, le comte Clausel, ainsi que prince Eugène commandant de l’armée d’Italie, à demander en sa faveur sa promotion au grade de général de  brigade, ce qu’il n’obtint que beaucoup plus tard.
Après le traité de Paris, l’armée d’Italie rentra en France et c’est alors que le 31°chasseurs était fusionné au 14° chasseurs que le colonel Desmichels fut mis en demi-solde. En 1815, rappelé en activité par l’Empereur il prit le commandement du 4° Chasseurs. Toujours aussi talentueux, il battit un bataillon prussien devant Charleroi et remporta une brillante victoire au Mont-Saint-Jean, à la satisfaction de son supérieur le général Domon.
Après la seconde Restauration, le colonel Desmichels, mis une seconde fois en demi-solde, fut réintégré en 1821 et obtint le commandement des chasseurs des Ardennes.
Nommé général de brigade, il reçut du roi d’Espagne, la médaille de l’ordre de Saint-Ferdinand et au même moment le roi Louis XVIII lui confirma le titre de baron. Deux ans plus tard, Charles X lui remit la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur. Il est de nouveau en demi-solde après 1830, jusqu’en 1833. Cette année là, il reçut la mission de rétablir l’honneur de l’armée française, dans la division d’Oran. Là encore il se fit remarquer et remporta plusieurs succès importants contre la tribu guerrière des Garabas et contre les arabes commandés par l’émir Abd-el-Kader. Après ces démonstrations de force, le général Desmichels conçut un plan de pacification qui devait permettre de renforcer la cohésion sociale et le maintient de l’Algérie dans la communauté française ; aussi conclut-il un traité avec Abd-el-Kader. Il pensait que seule la paix pouvait maintenir les relations humaines entre la France et l’Algérie. Cela partait d’un sentiment de générosité et de grandeur d’âme. Desmichels tenait à faire connaître à ses concitoyens les raisons qui l’avaient poussé à accomplir ces actes diplomatiques. Il publia un ouvrage intitulé « Oran, sous le commandement du général Desmichels ». Incompris par les autorités militaires, il demanda son rappel et rentra en France en janvier1835.
Il est dommage que le général Desmichels ait fait les frais de l’incompréhension de quelques militaires ignorants et bornés.

En 1944, à la libération de Paris, le colonel Rol signa une trêve avec la garnison allemande, sans mission officielle. Le général de Gaulle en fut irrité mais ne sanctionna ni le général Chaban qui avait autorisé cette négociation ni le colonel Rol. Mais c’était de Gaulle !
La société française du XXI° siècle a évolué et si on consultait les « médias » sur ce sujet, ils seraient en plein accord avec le général Desmichels, comprenant fort bien son action, car en de telles circonstances ils privilégient la paix. Ce héros de la Grande Armée mourut à Paris le 7 juin 1845 et fut inhumé provisoirement au cimetière du Père Lachaise en attendant de reposer dans sa ville natale. Dans la mémoire collective les héros ne meurent jamais.

Louis Tartière

Giono à Manosque


Vous avez apprécié la conférence de Christian Morzewski sur Jean Giono, pour ceux qui n’ont pu y assister, vous en avez eu un compte-rendu dans notre bulletin. Prolongez votre plaisir en assistant aux « Rencontres Giono 2011 » à Manosque. Cliquez  pour avoir le programme.

Enfin un cycloguide dans les Alpes-de-Haute-Provence


C’est une nouveauté dans la région et, pour Digne-les-Bains récemment élue « ville vélotouristique » au niveau national, un très bon outil à développer. D’autant plus que cela vient renforcer la politique cyclable du département.

Ce guide propose 20 balades à vélo dans tout le département, ce qui représente 1 200 km de circuits. Cet outil est très pratique car chaque circuit a sa propre fiche détaillée, qui est donc facile à emporter. Chaque fiche comporte un descriptif du circuit, le tracé sur une carte IGN, une vue en coupe du parcours et une liste des étapes du circuit. Les cyclotouristes, mais aussi les habitants du département, apprécieront tout particulièrement les informations pratiques : alimentation, campings, médecins… Lire la suite

Bibliographie, la recommandation des Alpins: « Paul Reynaud, un indépendant en politique »


Dés 1914, date de son premier mandat électif comme conseiller général dans les Basses Alpes (canton de Saint-Paul) suivi en 1919 d’un mandat de député dans le même département, jusqu’à sa mort en 1966, Paul Reynaud, né à Barcelonnette en 1878, fut actif en politique, faisant entendre une voix résolue et novatrice, mais souvent isolée, sur les grandes questions politiques qui se posaient à la France (ou qu’elle voulait esquiver). Il s’engagea notamment avec détermination durant l’entre-deux-guerres, pour préserver l’avenir et la puissance de la France, en se battant pour la réforme des finances (il obtint la dévaluation), de la diplomatie et de l’outil militaire, deux domaines qu’il ne put faire évoluer. Reconnu comme un esprit hors pair, il ne réussit cependant pas à faire avancer ses idées auprès de la classe politique qui ne l’appela à la magistrature suprême (Président du Conseil) que lorsqu’elle se sentit perdue. Il dut alors faire face aux journées de mai juin 1940 et vécut à la suite cinq années de captivité.

A sa libération, il reprit avec obstination une carrière politique pour prendre position sur la décolonisation, la construction de l’Europe, la mise en place de la V° république, mais il dut aussi se battre pour établir la vérité sur son rôle dans la défaite.

Thibault Tellier, maître de conférence à l’université de Lille-III-Charles de Gaulle, a consacré sa thèse de doctorat à l’étude de la contribution de Paul Reynaud au maintien de la puissance française dans l’entre-deux-guerres. Utilisant les outils et les méthodes rigoureuses de la recherche historique, il a ensuite prolongé ses travaux pour écrire une biographie de Paul Reynaud.

Cet ouvrage présente un double intérêt. Il donne un éclairage complet d’une œuvre politique qui, du fait de la position  de Paul Reynaud en 1940, et malgré ses actions préalables, est bien souvent réduite, de façon injuste,  à la responsabilité de la défaite française. Il est un outil historique précieux pour comprendre les raisons politiques qui ont conduit la France, première puissance mondiale après sa victoire de 1918 à l’ignominieuse défaite de 1940, et celles qui ont ensuite contribué à son redressement d’après-guerre et à sa marche vers la construction d’une Europe apaisée et unie.

« Tout au long de sa carrière, Paul Reynaud aima à rappeler ses origines bas-alpines » écrit Thibault Tellier. C’est donc légitimement que tout Bas-Alpin ou Alpins de Haute Provence peut reconnaître en lui un illustre « pays » dont l’œuvre novatrice mais trop méconnue nous est présentée avec talent et rigueur dans cet ouvrage. Lire cette biographie et mieux faire connaître Paul Reynaud relève donc pour nous du devoir de mémoire. Mais quel plaisir que de parcourir ce livre écrit dans un style souple, limpide, structuré, riche de faits et d’anecdotes, tout en faisant surgir avec clarté les grands mouvements d’une longue carrière.

Thibault Tellier, Paul Reynaud, un indépendant en politique 1878-1966, Fayard, Paris, 2005 – ISBN 2-213-62314-7

Biodiversité et patrimoine 2: Fête des fruits et des saveurs d’autrefois à Manosque


ANDRÉ HONNORAT, sur les traces d’un batisseur (exposition photos)


ANDRE HONNORAT

UNE CARRIERE REPUBLICAINE

André HONNORAT
a été une figure politique importante, bien que méconnue, de la IIIe République. Journaliste de formation, conseiller général du canton de Lauzet (1907-1950), député, puis sénateur des Basses-Alpes, ministre de l’Instruction Publique, il joue un rôle actif dans la vie politique française jusqu’à la période de l’Occupation.

DES REALISATIONS DIVERSES

Les projets réalisés par André HONNORAT frappent par leur diversité : fervent pacifiste, il eut l’idée d’inhumer le Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe. Il fut, bien avant son application en France dans les années 1970, un défenseur de l’Heure d’Eté. En 1940, il fit partie des députés qui refusèrent de voter les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN. Surtout, des années 1920 à sa mort, il fut l’un des artisans de la création de la Cité internationale universitaire de Paris, aux côtés de mécènes privés comme Emile DEUTSCH DE LA MEURTHE, et d’acteurs académiques comme Paul APPELL, recteur des Universités de Paris. Utopie menée à bien, consistant à faire cohabiter dans la paix des jeunes du monde entier, elle résume la carrière de cet humaniste.

UN HOMMAGE PHOTOGRAPHIQUE

C’est tout ce parcours que retrace, sous forme photographique, l’exposition Sur les Traces d’un Bâtisseur du 28 septembre au 17 décembre 2010, Du lundi au vendredi, de 8h00 à 19h00; Maison des Provinces de France, 55 Boulevard JOURDAN, 75014 Paris   

Dans le cadre de l’Odyssée d’une Utopie – 2010, Année HONNORAT

Dîner conférence: « Paul Reynaud, un indépendant en politique »


ATTENTION VOUS N’AVEZ PLUS QUE QUELQUES JOURS POUR VOUS INSCRIRE

CONTACTEZ NOUS AVANT LE 25 NOVEMBRE 2010

La Société fraternelle des Alpins de Haute Provence à Paris

vous convie à participer à un dîner conférence sur le thème

« Paul Reynaud, un indépendant en politique »

                                                                                                                                                                                                                                                                      animé par Thibault Tellier,
                                                                                                                                                                                                    Maître de conférences à l’université de Lille-III-Charles de Gaulle,
                                                                                                                                                                                                                                          auteur d’une biographie de Paul Reynaud,

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