« VOS PAPIERS SVP ! » Identités de papier dans les Basses Alpes de 1789 à 1944

Exposition présentée aux archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence du 26/01/2012 au 26/05/2012

Cette exposition a pour objet de montrer le processus de transformation historique en œuvre pour fixer l’identité des individus, dans lequel l’État joue le rôle de moteur en s’assurant le monopole de la sécurité dès le dernier siècle de l’Ancien régime. L’écrit a joué un rôle considérable dans l’émergence des papiers d’identité. Grâce aux registres paroissiaux, la preuve écrite de l’identité d’une personne peut être désormais apportée. Les passeports se développent et remplacent les sauf-conduits depuis de le XV° siècle. Ils sont une manifestation de la protection assurée par l’autorité qui l’a délivré puis, accompagnés de divers certificats, simplifient la surveillance des individus.

A partir de la fin du XIX° siècle, l’identification est passée à une logique de contrôle. Grâce au « bertillonnage » (fiches anthropométriques) et à la dactyloscopie (empreintes digitales), en s’appuyant désormais sur un binôme fichier central/papiers individuels ainsi que sur un appareil bureaucratique. Les dispositifs en œuvre, les savoirs, les méthodes de traitement et de conservation de l’information ont varié dans le temps, en fonction des progrès techniques, et, plus encore, des besoins policiers et des populations visées : criminelle, étrangère, migrante, nomade, indigène tout d’abord, française et sédentaire ensuite. L’enjeu majeur étant d’identifier « à coup sûr » un individu.

L’histoire des papiers est marquée par des phases décisives, qui s’ouvrent avec la révolution française de 1789, et se poursuit avec le livret ouvrier de 1803, le « passeport unique » en 1807, le carnet anthropométrique pour les nomades en 1912, la carte d’identité d’étranger en 1917, la carte d’identité préfectorale pour les français à partir de 1939 et, l’année suivante, la carte d’identité de français, instaurée par Vichy mais délivrée seulement à partir de 1943.

Cette histoire est ici évoquée à partir de sources essentiellement administrative. La plupart des documents présentés ont été extrait de dossiers relatifs à des rejets (expulsions…), voire à des condamnations. S’y côtoient vrais et faux papiers, vraies et fausses identités, honnêtes gens et imposteurs, escrocs, délinquants et, même, criminels, sans que, selon le contexte historique, les détenteurs de fausses identités et de faux papiers aient toujours été malhonnêtes ou criminels.

A noter, la présence des papiers personnels d’André Honnorat, dont il a fait don aux archives départementales.

L’exposition est très bien documentée, un livret résumant l’exposition est même édité et distribué aux visiteurs par un personnel très accueillant et disponible.

                            Amandine Tormento

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