Archives quotidiennes : 10 juillet 2011

Impressions de voyage dans les Basses-Alpes


Je vous propose aujourd’hui la lecture de Impressions de voyage dans les Basses-Alpes, le savoureux récit de voyage d’un fonctionnaire des recettes publiques qui devait faire chaque année « Une tournée (supprimée depuis comme parfaitement inutile) me forçait, tous les ans et en plein hiver, d’aller en quinze jours de Saint-Paul à Valensole, avec un temps d’arrêt de vingt-quatre heures au moins dans chaque canton, pour arrêter les écritures« . Ce voyage, entrepris en décembre 1861, s’effectuait en diligence, « une chétive voiture« , sous réserve d’avoir signé un papier déchargeant le conducteur de toute responsabilité en cas d’accident ! et de s’être fait une place à l’intérieur, quitte à se faire passer pour un malade contagieux, chaudement emmitouflé selon une méthode que je vous laisse apprécier à la lecture du récit. Départ donc de Digne vers Saint-Paul, à six heures du matin, nombreux arrêts pour changer les chevaux, se restaurer et prendre un peu de chaleur dans les auberges, traversée de la vallée des « Toutunn! », si vous ne savez pas ce que c’est, lisez le livre. L’auteur « revendique la gloire d’avoir découvert et décrit, le premier, le caractère et la physionomie originale des habitants du Toutunn « . Arrivée à Barcelonnette, « Beau pays, gens gracieux, hospitaliers, patriotes et riches en général. Quelques petits verres en trop peut-être, mais les têtes sont aussi solides que les estomacs » pour « enfourcher un Bucéphale dont l’attitude incorrecte dénote un vif désir de ne pas quitter l’écurie« . Mais, vite rappelée à ses devoirs, la monture s’élance vers Saint-Paul. Enfin à Saint-Paul, avec la tourmente de neige dehors, un lit pour prendre un peu de repos avant une dure journée de travail pour vérifier les comptes du receveur des douanes: « Quand les recettes allaient bien, on faisait trois francs par an. Appointements: quatorze cents francs.- Travail : néant. Pardon! Il fallait, tous les mois, faire un état des recettes (vingt-cinq centimes) et des dépenses. »

En lisant ce récit alerte et piqué d’humour, vous vous plongerez dans la vie bas-alpine du milieu du XIXème siècle, un pur régal. Bonne lecture!