Archives mensuelles : juillet 2011

Impressions de voyage dans les Basses-Alpes


Je vous propose aujourd’hui la lecture de Impressions de voyage dans les Basses-Alpes, le savoureux récit de voyage d’un fonctionnaire des recettes publiques qui devait faire chaque année « Une tournée (supprimée depuis comme parfaitement inutile) me forçait, tous les ans et en plein hiver, d’aller en quinze jours de Saint-Paul à Valensole, avec un temps d’arrêt de vingt-quatre heures au moins dans chaque canton, pour arrêter les écritures« . Ce voyage, entrepris en décembre 1861, s’effectuait en diligence, « une chétive voiture« , sous réserve d’avoir signé un papier déchargeant le conducteur de toute responsabilité en cas d’accident ! et de s’être fait une place à l’intérieur, quitte à se faire passer pour un malade contagieux, chaudement emmitouflé selon une méthode que je vous laisse apprécier à la lecture du récit. Départ donc de Digne vers Saint-Paul, à six heures du matin, nombreux arrêts pour changer les chevaux, se restaurer et prendre un peu de chaleur dans les auberges, traversée de la vallée des « Toutunn! », si vous ne savez pas ce que c’est, lisez le livre. L’auteur « revendique la gloire d’avoir découvert et décrit, le premier, le caractère et la physionomie originale des habitants du Toutunn « . Arrivée à Barcelonnette, « Beau pays, gens gracieux, hospitaliers, patriotes et riches en général. Quelques petits verres en trop peut-être, mais les têtes sont aussi solides que les estomacs » pour « enfourcher un Bucéphale dont l’attitude incorrecte dénote un vif désir de ne pas quitter l’écurie« . Mais, vite rappelée à ses devoirs, la monture s’élance vers Saint-Paul. Enfin à Saint-Paul, avec la tourmente de neige dehors, un lit pour prendre un peu de repos avant une dure journée de travail pour vérifier les comptes du receveur des douanes: « Quand les recettes allaient bien, on faisait trois francs par an. Appointements: quatorze cents francs.- Travail : néant. Pardon! Il fallait, tous les mois, faire un état des recettes (vingt-cinq centimes) et des dépenses. »

En lisant ce récit alerte et piqué d’humour, vous vous plongerez dans la vie bas-alpine du milieu du XIXème siècle, un pur régal. Bonne lecture!

Recherches historiques sur les Basses Alpes et les Alpes de Haute Provence


"Histoire religieuse du département". Exemplaire de l'Université de Californie visible sur bibliothèque en ligne Google.
Pour vos recherches historiques, vous pouvez aller sur la bibliothèque en ligne de Google, vous y trouverez « L’histoire religieuse du département des Basses-Alpes pendant la révolution » consultable en ligne, plus quelques autres titres non consultables.
L’exemplaire de cette histoire par l’abbé Maurel reproduit ici provient de la bibliothèque de l’Université de Californie. Il y avait certainement au XX° siècle l’un de nos compatriotes qui étudiait en Californie et a du demander l’acquisition de cet ouvrage, édition de 1902. Quel travail universitaire a-t’il produit ensuite ? Je ne le sais pas pour l’instant.
A Paris, vous pouvez aller à la  bibliothèque interuniversitaire Sainte-Geneviève, 10 place du Panthéon, 75005 Paris. Elle dispose d’un fond sur le département des Basses Alpes/Alpes de Haute Provence. Son catalogue est accessible en ligne à l’adresse : http://193.48.70.233/bsg/Vubis.csp
La bibliothèque est ouverte gratuitement à tout public du lundi au samedi : 10h-22h * Horaires réduits d’été (01/07 au 10/09) : 13h-19h * Horaires réduits de Noël (19/12 au 30/12) : 10h-18h. Prenez vos dispositions, les ouvrages sont uniquement consultables sur place.
Jean-Claude Allard

Autour de la truffe et de l’olive à Gréoux les Bains le 10 juillet


Au Parc Morelon, Gréoux-les-Bains – Entrée libre

A partir de 9h30 : Reconstitution de « Bugado » avec le Rodo Osco Manosco » au lavoir des Aires au dessus des terrains de boules. Démonstration de taille d’oliviers par Alex Siciliano, technicien oléicole.

10h30 : Inauguration officielle de la manifestation en présence de Jacques Veneruso, parrain de l’événement.

11h00, 16h00, 17h30 : Démonstration de cavage (action qui consiste à chercher les truffes) par Guy Corriol et sa célèbre truie Pépette.

11h15 : Concours d’aïoli (inscription à partir de 10h, pour une vingtaine de participants) Remise des prix du concours d’aïoli à 13h00.

15h00; 17h00 : Démonstration de taille d’oliviers par Alex Siciliano, technicien oléicole.

18h00 : Conférence sur l’olivier par Alex Siciliano, technicien oléicole.

Animations folkloriques avec le groupe provençal « Lei Fiélloué d’Auresoun ». Stands d’oléiculteurs, de trufficulteurs et de produits du terroir. Stands de: pépiniériste, Cave de Régusse, Les Pastinades de Valensole, librairie.

Exposition photographique sur le cycle de l’olive, le fonctionnement d’un mini moulin, la vie associative du groupement des oléiculteurs, la recherche des truffes,…

Jean Daviot : un artiste Alpin de Haute Provence entre Digne les Bains, Paris, Séoul, Berlin…


 

Jean Daviot

Jean Daviot : un artiste « Alpin de Haute Provence » entre Digne les Bains, Paris, Séoul, Berlin…

Né en 1962 à Digne les Bains, Jean Daviot étudie à la Villa Arson à Nice. Au cours des années 80, il réalise des films, des vidéos, des performances, et exerce une activité de critique d’art. Après une pause dans son travail artistique, il reprend, au milieu des années 90, une activité multiforme (vidéo, peinture, performances), centrée sur l’exploration des formes de langage (langage du corps, des signes, de l’écrit).

Jean Daviot vit et travaille aujourd’hui à Digne les Bains et à Paris. Sa renommée dépasse cependant les frontières de la France. Ses œuvres ont été présentées, dans le cadre d’expositions personnelles ou collectives, dans plusieurs pays étrangers : Corée du Sud, Allemagne, Italie, Hongrie, Guinée Bissau, Mexique…

Venez faire connaissance avec l’artiste et ses œuvres, à travers un entretien vidéo réalisé en mai 2009, et publié sur le site Morningmeeting (Aventures Modernes dans le Monde de l’Art). L’entretien est également consultable sous forme de retranscription intégrale.

Pour accéder directement à la vidéo et à la retranscription, veuillez cliquer sur le lien suivant : Artmeeting #002 – Jean Daviot : « Il faut de l’ouverture ! »

Marc-André Allard

Conférence de Christian MORZEWSKI sur Jean GIONO


Quelques notes sur la conférence de Christian MORZEWSKI sur Jean GIONO du 4 mai au Centre Premier HSBC.

Christian MORZEWSKI, professeur en langue et littérature française contemporaine agrégé de lettres modernes, préside l’université d’Artois. Spécialiste du roman français de l’entre-deux-guerres et des questions de régionalisme littéraire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages et études sur les romanciers français du XXème siècle et sur le roman contemporain. Il est rédacteur en chef des Cahiers Giono, et a assuré l’édition critique de différentes œuvres de Giono, Bosco, Ramuz dont il a édité les derniers romans dans la Pléiade. Il a organisé plusieurs colloques internationaux (dont cinq à l’université d’Artois et un en Chine, à l’université de Nankin) sur Albert Camus, Maxence Van der Meersch, Richard Millet…

Giono, conteur

Jean Giono (1895-1970) s’apparentait à un conteur oriental (selon André Gide, si l’on avait créé un concours d’audience en racontant des histoires, c’est bien Giono qui l’aurait gagné). Giono possédait une vraie puissance d’affabulation, de fabulation ; Il a été ce « menteur magnifique » qui a inventé une recette de cuisine totalement improbable. Ce talent de conteur lui a valu plus d’un déboire. « L’homme qui plantait des arbres », emblème écologique avant l’heure, traduit bien la puissance de la parole et du récit chez Jean Giono. Jean Giono l’a écrit dans le cadre d’une commande du Reader Digest autour du thème «l’homme le plus extraordinaire que j’ai jamais rencontré ». L’ouvrage rencontre un immense succès. Le Reader Digest fait une enquête sur l’existence de Elzeard Bouffier. Giono livre des détails dont un enterrement à Banon, le Reader Digest voit d’un mauvais œil que Giono ne se soit pas conformé à la demande en racontant l’histoire d’une véritable personne. Pierre Citron son grand biographe raconte le double contrat d’édition Gallimard/Grasset.

Déni de Provence

Jean Giono entretenait un déni de la Provence et écrivait « J’aime ce pays qui ne me convient pas ». Il aurait aimé vivre en Ecosse pour la pluie et la brume. Il n’aimait pas le mot « Provençal » et tout le champ lexical qui l’accompagne : lavande, pastis, cigale. Ce vocabulaire est d’ailleurs absent de ses textes. On ne parle de lavande dans que « Le Grand Troupeau » (1932) pour indiquer que l’essence de lavande servait à dégraisser les obus. Caractère qui l’oppose bien sûr à Pagnol et Mistral. Giono considérait cette exaltation de la Provence un peu ridicule et superficielle. Jean Giono a entretenu des rapports difficiles avec Pagnol, suite notamment à des emprunts peu élégants (Angèle/ « Un de Beaumugnes » , « La Fille du boulanger »).

Les origines

Jean Giono est d’une origine sociale modeste. Il doit quitter l’école très tôt pour devenir chasseur (coursier) au Comptoir d’Escompte de Manosque. Avec les deux sous que lui donne sa mère par semaine, il ne peut s’acheter les ouvrages trop coûteux des contemporains. Et pourtant, il lit tout et surtout les classiques en éditions bon marché. La bible notamment, dans laquelle il voit davantage un livre d’histoires et de mythologie qu’un ouvrage religieux. Son grand Père, Jean-Baptiste, était Carbonaro. Il a fui l’Italie comme Angelo dans le « Hussard sur le toit ». Jean adopte dans ses premiers ouvrages la posture du protecteur guérisseur. Au cours d’une convalescence à Corbières il découvre le panthéisme, la proximité entre l’homme et la nature.

Tenir la guerre à distance

Jean Giono va connaître la terrible expérience de la boucherie de Verdun. Parmi les écrivains, il est probablement celui qui a vraiment vécu l’enfer des tranchées, le chemin des Dames, les gaz, les mutineries, Nivelle… et paradoxalement il ne fera pas profit littéraire de la guerre comme ont pu le faire Dorgelès ou Barbusse.

Jean Giono est antimilitariste, c’est un pacifiste. Il revient de la guerre traumatisé. Il précise bien qu’il n’a tué personne (comme mon père ndlr). Il va exorciser cette violence dans « Un roi sans divertissement », « Les âmes fortes », qui font figure de catharsis dans son œuvre immense.

L’incompréhension

Au Contadour, avec 50 personnes, des ouvriers parisiens, des intellectuels, Jean Giono découvre les Vraies Richesses. Il se prend au sérieux, se fait piéger dans un pacifisme extrême. René Char a dit « Le Gionisme est la maladie de ceux qui ont la Gionisse » Jean Giono croit dans le pouvoir de la parole pour éviter le pire, et sera mal entendu. L’incompréhension, et quelques maladresses (publication dans la Gerbe des « Deux cavaliers de l’orage », un reportage sur Jean Giono dans Signal), lui vaudront des ennuis après la Seconde Guerre Mondiale. Il va être incarcéré à Marseille, 8 mois à Saint Vincent les Forts. Gide a déployé tous ses efforts pour le faire libérer. Jean Giono publie « Un roi sans divertissement », « Mort d’un personnage », le cycle du Hussard. Aragon en fera  interdire de publication. Son dernier roman sera « L’iris de Suse ».

Marie-Hélène Moittier

Giono à Manosque


Vous avez apprécié la conférence de Christian Morzewski sur Jean Giono, pour ceux qui n’ont pu y assister, vous en avez eu un compte-rendu dans notre bulletin. Prolongez votre plaisir en assistant aux « Rencontres Giono 2011 » à Manosque. Cliquez  pour avoir le programme.

Les « Nuits du Château » à Gréoux les Bains


N’oubliez pas les Nuits du Château à Gréoux-les-Bains cet été

cliquez pour le programme: chateau greoux0001

Le pôle de compétitivité « CAPENERGIES » à Cadarache


Vous connaissez sûrement les « pôles de compétitivité » mis en place depuis 2002 pour « renforcer la compétitivité de pôles technologiques et industriels fortement spécialisés et d’envergure internationale ».

Ils ont pour objectif de rassembler, sur un territoire et autour d’un domaine de compétence donnés, des entreprises, des laboratoires de recherche et des établissements de formation, afin de développer des synergies et des coopérations. 71 pôles de compétitivité ont été définis en France dont 10 en région PACA. Parmi ces dix, deux intéressent particulièrement le département des Alpes de Haute-Provence: le pôle CAPENERGIES dont le centre est Cadarache (que nous allons visiter le 4 août 2011), le second  est le pôle PASS « Parfums, Arômes, Senteurs, Saveur » adossé à Grasse, avec des activités dans le département dont nous reparlerons.

Pour préparer votre visite à Cadarache, ou pour mieux connaître les activités du pôle CAPENERGIES, consulter la fiche thématique ci-joint

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Carte des implantations des 71 pôles de compétitivité en France