Alexandra David-Néel, mon Tibet

Excellente soirée le 31 mars pour les Alpins de Paris venus assister à la pièce Alexandra David Néel, mon Tibet. Mise en scène efficace, superbe performance d’actrices servant un texte percutant mêlant habilement drame et humour pour des rebondissements incessants.

La pièce commence au moment où Alexandra David Néel, au soir de sa vie, se retire à Digne les Bains et engage une jeune femme qui va lui servir de gouvernante, cuisinière, secrétaire, lectrice, bibliothécaire, confidente et… souffre-douleur ! Invraisemblables rapports entre ces deux femmes où deux caractères de feu vont s’affronter. Amour-haine, colères-tendresse, qui, immanquablement s’achèvent dans d’improbables voyages par la mémoire ressuscités. –« Allez, petite, donne-moi ton bras, on part… » Et, sans quitter son bureau, on part avec elles, sur le Toit du Monde, dans le vent et la morsure du froid. Et on y croit ! Inimaginable, extravagante femme qui, à 100 ans, faisait refaire son passeport. 

« Tortue », ainsi que Alexandra appelait Marie-Madeleine Peyronnet s’active toujours à Digne les Bains dans la maison d’Alexandra transformée en musée, à faire vivre le souvenir de l’exploratrice. Vous la verrez dans la pièce campée sous les traits d’Emilie Dequenne. Mais allez aussi à Digne les Bains voir « l’original » (si elle m’autorise cette familiarité) : un grand moment d’émotion aussi. L’on sent que la pièce rend bien l’attirance réciproque entre ces deux femmes, l’une indépendante et fière mais se sentant isolée sur la fin de sa vie, l’autre tout aussi indépendante et fière, mais fascinée par Alexandra au point de lui consacrer sa vie, dans une relation toujours exacerbée tant dans le rejet que dans l’attirance.

Exploratrice, orientaliste, féministe, cantatrice, écrivain, Alexandra David-Neel voyage pendant quinze ans à la découverte des régions inexplorées du Tibet. A la fin de sa vie, autoritaire et fantasque, elle revit avec sa collaboratrice les aventures qui ont marqué son destin d’exception. Alexandra David Néel est l’une des plus grandes figures du Voyage au 20ème siècle. Femme unique et multiple, elle a tour à tour été bourgeoise, anarchiste, cantatrice, journaliste, écrivain, bouddhiste, exploratrice… Féministe avant l’heure, en 1910 elle exige un salaire pour la femme au foyer… Passionnée d’Extrême-Orient, quelques mois après son mariage, elle convainc son mari de partir en Inde, seule, six mois. Elle y restera quatorze ans ! Son exploit : être la première Occidentale à pénétrer dans un Tibet interdit à l’époque. Etonnante femme qui, en 40 ans, a parcouru des milliers de kilomètres de jungles, de steppes ou de solitudes glacées, à pied, à dos de yack ou de mule, franchissant des cols de 5000 mètres d’altitude… Exceptionnelle femme qui a défié l’Himalaya, déguisée en mendiante, pour arriver enfin, famélique, épuisée, en guenilles, à Lhassa. Ses exploits, sa philosophie très pertinente sur la vie, la « vraie » vie… ses recherches sur le Bouddhisme lui ont donné matière à écrire de nombreux livres comme le « Voyage d’une Parisienne à Lhassa. » Ce qui lui valut une renommée et une dimension internationale.

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