Les oratoires de Tartonne

 

Situé au pied de la montagne du Cheval Blanc (2323m), dans un beau site de collines pierreuses étrangement plissées, ravinées ou boisées et de champs ondulés, Tartonne (Pop. : 113 h. Alt : 1 000 m) est un tout petit village encore agricole, comme en témoignent plusieurs exploitations en activité, entourées de champs de blé où s’activent des tracteurs, et de granges remplies de foin.  

Pour le reste, une placette et sa fontaine rafraîchissante, une chapelle et sa cloche de bronze, quelques superbes maisons de pierre, un lotissement récent, un chien endormi et une vieille dame qui prend le frais dans son jardinet …  Tartonne n’a d’autre prétention que de vous offrir une sérénité absolue dans un environnement naturel remarquable.

 D’ailleurs, vous êtes sur la “route du temps”, qui donne à voir les curiosités géologiques nombreuses dont la région n’est pas avare : ici, à quelques kilomètres au dessus du village, un panneau vous expliquera l’origine de la “faille du Défens”, grande fracture de l’écorce terrestre qui a influencé l’histoire géologique de la région pour des millions d’années.

 Les premières traces d’occupation datent de l’époque gallo-romaine à l’emplacement actuel du hameau du Petit Défend. La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au XIIIe siècle. Le village de La Peine ou La Pène lui est rattaché au XVe siècle. Il était constitué de bâtiments civils et d’un monastère abandonné avant la Révolution. La seule trace de cette occupation religieuse est l’oratoire de Saint-Gervais qui a été installé à l’entrée du hameau, à l’endroit ou les villageois avaient installé la croix de bois de la chapelle du monastère, après son démantèlement. Ce monastère et les bâtiments civils ont appartenu à la famille du célèbre philosophe dignois Gassendi. Sous l’ancien régime un puits d’eau salée  permettait aux habitants de ne pas payer la gabelle. Au cours des siècles, le village est rasé plusieurs fois. Tartonne n’est pas épargnée par les guerres de religion (avec un pillage en 1574) : la population passe alors d’environ 500 à 200 habitants. Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792.

Au XIXe siècle, le percement de la clue de la Peine permet le passage de convois plus importants, et raccourcit le trajet (30 km au lieu de 55 km). Cette route est abandonnée au XXe siècle avec l’arrivée de l’automobile et la création des routes départementales.

Tartonne est occupée durant la Seconde Guerre mondiale par les troupes italiennes dès 1940. La configuration tourmentée des lieux, de nombreux parachutages d’armes et l’instauration du STO (qui conduit beaucoup de jeunes à rejoindre les maquis) permettent aux résistants de mener des actions d’envergure contre l’armée allemande, qui occupe la région dès 1942. En représailles, de nombreuses maisons sont incendiées et le château de Maladrech, qui servait de cache, détruit.

Mais, gardons le meilleur pour la fin, vous resterez sans doute bouche bée d’admiration devant l’église Notre-Dame d’Entraigues, isolée à l’écart du village, merveilleuse église, austère et élégante, qui dresse son choeur (12ème siècle), sa nef (13ème) et son clocher à étage “roman alpin” (14ème) au milieu des champs de blés.

 Ce samedi 11 juillet une foule nombreuse, souvent venue de toute la Provence, rassemblée autour de Monseigneur Loizeau évêque de Digne, Riez et Sisteron, a assisté à la bénédiction de deux (Sainte Catherine et Notre-Dame du Bon Secours) des treize oratoires rénovés par l’association des Amis des Oratoires.

Mais qu’entend-on par oratoire ? Ce sont tous ces petits monuments que l’on rencontre au bord des routes, aux croisées des chemins, dans les villages, en montagne … Ils ont généralement la forme d’un pilier massif de pierres assemblées comportant une niche abritant une statue, un bas relief, une céramique ou une fresque d’un Saint, d’une Sainte, du visage du Christ ou de plusieurs personnages. Tous les oratoires sont surmontés d’une croix, ils constituent en quelque sorte la marque de l’appropriation d’un paysage, d’un terroir par les hommes.

La messe qui suivit, célébrée dans l’église de Tartonne qui a retrouvé son authenticité originelle, fut agrémentée par les chants de la chorale « Canto Verdon » qui l’après midi, au cours d’un récital très apprécié, nous fit découvrir les différentes facettes de son répertoire. Ce retour aux sources pour beaucoup des participants laisse un excellent souvenir, par l’esprit bon enfant qui a régné toute la journée (qui n’a pas vu la partie « endiablée » de « babby-foot » animée par monseigneur Loizeau n’a rien vu) et la ferveur qui s’est manifestée pendant cette cérémonie.

Pour en savoir plus: (amis.desoratoires@laposte.net et amisdesoratoires@laposte.net)

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